Le 13/03/08 - Maison de la Musique, Meylan (38)
Jeudi dernier se tenait à la Maison de la Musique de Meylan un grand moment de « hype » à la française. Du moins, c'est ce que disaient les bruits de couloirs... Retour mitigé sur le concert de Sieur Sébastien Tellier.
Il y avait comme un air de jeunesse dorée hier à la Maison de la Musique. Jeunes coupes proprettes et jeans bien coupés, j'ai l'impression soudaine d'être « trop vieille » pour ça, mais passons. Après une première bière avec mon acolyte, nous entrons.
Serait-ce abusif de dire que la première partie était trop courte ? Devrais-je m'abstenir d'encenser une fois de plus les magistraux Rien pour leur prestation ? Vais-je passer pour une lèche-botte ? Puis-je assumer le fanatisme et l'envie qui me prend soudain d'ériger une pyramide de quatorze kilomètres dédiée aux membres du groupe ? Résisterais-je au désir d'arracher leur tee-shirt au prisme argenté ??? Le doute m'assaille, tant de mots vains pour de simples notes de musique sur un rythme ternaire parfaitement maîtrisé... Trêve de références et « privates jokes » à ceux qui ont assisté au concert. Ce qui reste, c'est encore ce goût de pas assez relatif aux premières parties convaincantes...
Toujours ces mélodies ingénieuses, et cette bande son empreinte d'humour noir sur fond de fausse mégalomanie. Après tout ce groupe au nom nihiliste ne fait-il pas partie des formations les plus douées de la région ? La traditionnelle pause permet de restaurer mes oreilles, et je ne m'en prends qu'à moi-même d'avoir oublié de prendre les boules-quiès à l'entrée. Le temps de croiser quelques visages connus, nous sommes de retour dans l'antre musical.
Soyons prêts. Prêts à assumer d'être là quand même, malgré un Sexuality plus que douteux, si l'on passe outre toute le presse branchouille du moment. Prêts à avaler de la pilule kitch la bouche grande ouverte. Prêts à regarder Tellier, nouveau candidat français à l'Eurovision (après le gadin des Fatals Picards...) saisir son micro à la façon d'un Barry White un peu délavé, un peu dépenaillé. Alors ? Variété décalée ? Electro-pop au huitième degré ? Crooner fun ? On hésite. On se tâte (sans aucun sous-entendu graveleux). On sourit quand même un peu. On souffre avec le clavier qui semble crouler sous une grippe carabinée quand Roche ouvre le bal.
Le public dodeline du chef en remuant tout doucement. Oui c'est vrai, ces petits beat electro sont efficaces, le synthé bien trouvé, le chant toujours très juste. Entre mélancolie cheap et délire de fin de soirée, les morceaux s'enchaînent plutôt bien. Tellier ne rechigne pas à parler à son public. Un spectacle bien entraîné, où le chanteur aux cheveux gras se fond presque dans la peau d'un Christophe en fin de carrière rehaussé par un ingénieux jeu de lumières. La star défraîchie se mue alors en véritable messie auréolé de lumière. Et s'il ne convainc pas forcément, il n'en reste pas pour le moins drôle et surprenant.
On retiendra quelques petites perles dans le set : Kilometer, le tubesque Divine et bien sûr L'amour et la violence, ballade synthétique où le sieur Tellier surprendrait presque un auditoire par sa sincérité. On ne sait plus sur quel pied danser, surpris ou blousés ? Sensibilité feinte ou réelle implication ?
Au final, un concert de Sébastien Tellier post Sexuality ça sue, ça transpire le second degré, l'ironie du sort, ça sent comme une Elsa en fin de soirée avec le mascara qui aurait trop coulé. Une jet-set qui aurait chuté de son piédestal. Etonnant, non ?
Liens
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Site web de Sébastien Tellier
Sébastien Tellier sur myspacePar Audy, le 17/03/08 à 23:48
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