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Nightmare - Février 2008

Une fois n'est pas coutume, nous allons d'un coup d'un seul nous intéressez à un style peu représenté dans nos pages, et à un groupe que l'on pourrait facilement qualifier de vétérans du microcosme musical grenoblois. Les Nightmare, dignes représentants du heavy grenoblois et MVP de l'agglo pour l'ensemble de son œuvre en sont tout de même à leur 4ème album depuis leur reformation de  1999, totalisant un ensemble de 8 albums depuis la formation du groupe en 1979 ! A cela rajoutons des participations aux festivals métals les plus prestigieux dans toute l'Europe (pour ne citer que les principaux, Wacken Open Air, Hell Fest) et suite à la sortie de leur nouvel opus, de nombreuses dates qui s'accumulent pour les mois à venir. Si ça ne mérite pas une petite interview tout ça je ne m'y connais plus et vous n'entendrez plus parler de moi !

Est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement et rappelez les origines du groupe ?
Jo : Tu as l'extrême chance d'avoir en face de toi Yves le bassiste et moi qui suis le chanteur du groupe et qui sommes à l'origine du groupe (rires). En 1999 après la reformation sont venus se greffer mon frère David à la batterie puis Alex et Frank qui ont remplacé les 2 précédents guitaristes présents lors de la reformation. Depuis la reformation notre musique a pas mal évolué avec un style un peu moins marqué par le vieux heavy 80 et plus actuel dans les guitares.

Est-ce que les fréquents changements de line-up avec du sang frais sans cesse réinjecté dans le groupe sont une explication à la durée de vie peu commune du groupe ?
J : Je ne pense pas parce que la reformation de 1999 s'était bien passée et que c'est principalement pour des raisons professionnelles que certains sont partis. Si il n'y avait pas eu ces obligations, il est vraisemblable qu'ils auraient continués. D'un autre côté on a su se remettre en cause et évoluer avec notre temps ce qui fait que l'on a peut-être plus duré. On est pas resté sur ce qui se faisait dans les années 80 et heureusement!

Justement, est-ce que les influences du début du groupe sont restées les mêmes ? Est-ce que certains groupes récents vous influencent actuellement ?
J : Au début du groupe, on était vraiment dans toute la vague heavy britannique qui dominait alors l'Europe et le monde avec Iron Maiden par exemple, qui sont et reste une grande influence. Dans un autre style et même si c'est éloigné de ce que l'on fait AC/DC reste une référence. Après ça a beaucoup évolué. Pour ma part des choses comme Symphony X ou Masterplan au niveau du chant m'influencent pas mal.
Frank : On est également pas mal influencé par des choses plus récentes comme Nevermore, Pantera ou des groupes de death qui influencent également notre style.
J : Actuellement un groupe comme Tarot avec le bassiste de Nightwish, c'est vraiment un truc énorme que l'on écoute beaucoup et que l'on aime tous.

Pourquoi avoir changé de  producteur sur le dernier album et que trouvez vous dans les studios suédois que vous ne trouvez pas en France ?
J : C'était vraiment une volonté de départ de changer de producteur même si ça se passait très bien avec le précédent. On ne voulait pas tomber dans une certaine facilité, un carcan où l'on était trop sûr de ce qui allait se passer. On voulait aller dans une autre direction avec notamment de gros sons de guitare et à partir de là on a cherché ce qui nous conviendrait.
Yves : Fredrik est un peu à l'inverse de Terje qui axait beaucoup le son sur la basse et pas trop sur les guitares. Quand on est revenu en 2001, on avait un son beaucoup plus symphonique avec des chœurs classiques et du clavier que l'on a mis de côté maintenant. On essaye de sonner beaucoup plus comme ce que l'on fait sur scène
J : Après le choix des studios suédois c'est juste un constat de fait. Tu arrives là bas avec ton son de guitare qui est déjà bon et eux te le font sonner 10 fois mieux, c'est vraiment les spécialistes là dedans donc le choix après est logique !

Comment se passe le processus de composition au sein de Nightmare ?
J : C'est tout moi qui fait (rires). Non on part souvent de riffs de guitare parce que les 2 gratteux son assez productifs et amènent beaucoup d'idées. Après on écoute ensemble, on modifie, on choisit surtout. Sur cet album par exemple on avait vraiment beaucoup de matériel, plus d'une vingtaines de titres avec certaines très avancées et donc on a pu se permettre de faire des choix. Après ça, il y a un gros travail sur les lignes de chant, ce qui amène à nouveau des modifications dans les parties instrumentales, pour que ça colle au plus près du chant.

Et pour les textes, quelles sont les influences ?
J : C'est Yves et moi qui écrivons les textes. On a quelques sujets privilégiés comme la folie ou la violence. On a même sur cet album deux trois références à la politique, et à la toute puissance de certains hommes d'Etat. On s'est également inspiré de la condition des enfants martyrs qui sont instrumentalisés par certains mouvements extrêmes. C'est avant tout ce qui nous touche même si ça reste très pessimiste.
Y : On a un peu une approche à la Nevermore avec des thèmes sombres mais en en parlant de façon imagée. On a voulu également avoir une certaine continuité dans les thèmes et l'atmosphère de l'album, à travers la pochette qui est un peu la suite de celle de l'opus précédent.


Au niveau d'une composition qu'est-ce qui est le plus important pour vous et que vous essayez de mettre en avant ?
J : On aime bien avoir le mélange du côté mélodique avec une grosse énergie. Je suis plus attiré par les chanteurs qui ont une bonne voix, mais avec de l'énergie et un certain grain. Pour cet album, on a d'ailleurs essayé encore plus d'amener ces éléments, avec les guitares en avant mais aussi par la voix. Yves fait de plus en plus de voix black justement, pour amener une certaine variété de timbres et aller plus loin dans ce côté énergique.

Comment arrivez vous à concilier la vie du groupe et la vie professionnelle ?
J : C'est quelque chose de très difficile. Ceux qui sont partis c'est toujours pour des raisons professionnelles. A un moment il fallait prendre une décision et ça s'est passé au détriment de la musique. Pour nous qui restons justement la musique se fait au détriment du reste, le temps libre, la famille...
Alex : En fait on a un peu les désavantages d'un groupe qui tourne beaucoup sans avoir vraiment les avantages. Personnellement c'est cool mais c'est pour la famille que c'est dur parce que pour eux l'intérêt est quand même limité. Quand tu passes de l'autre côté tu te rends compte de certaines situations et tu tombes de très haut. Des groupes dont tu penses que les mecs vivent de leur musique, en fait après les tournées ils retournent bosser pour vivre.
J : On a pas forcément choisit non plus une musique qui permette facilement d'en vivre et là c'est les conséquences...

Quels sont les moments les plus forts avec le groupe, ceux que vous regrettez, est-ce que vous avez encore des choses que vous souhaiteriez accomplir ?
J : Moi je regrette Yves surtout parce qu'il est toujours là. On attend qu'il fasse une attaque cardiaque mais ça vient pas ! (rires). Des regrets on en a pas parce qu'on a toujours fait ce que l'on a voulu. Pour ce qui est des moments forts, je pense que le festival aux Etats-Unis ou quand on est allé en Israël c'était vraiment de gros trucs. De façon générale les gros festivals comme le Wacken ou le Hell fest, que l'on a fait il y a 2 ans, restent vraiment des gros moments. Là on a des grosses dates qui arrivent encore donc on a plutôt le sourire.
Y : On aimerait bien pour le futur essayer de jouer dans des pays où on commence à être plus connus, comme le Brésil, ou à nouveau les Etats-Unis. Le Japon ce serait vraiment un bon truc, au début avec le premier album on avait des opportunités parce qu'on marchait bien là bas. A l'époque on a pas  vu grand chose revenir des ventes et ça s'est pas concrétisé mais ça serait bien.

Que pensez vous de la situation du métal en France ? Il semble qu'il y ait des groupes et un public mais que il y a toujours un peu un blocage...
J : Fondamentalement je pense que la France c'est pas un pays où le métal et le rock sont dans la culture. Dans d'autres pays où le métal marche mieux, sans pour autant que ça passe au 20h ou quoi, quand il y a des grosses sorties, tu vois des panneaux partout, ça passe à la télé, ici rien...
A : Si tu regardes sur le fond, y'a jamais vraiment eu non plus de soutien de la scène française sur ce créneau. Il y a plus de groupes mais qui restent tout petits et ont du mal pour jouer ou avoir du public. Tu vas avoir Maiden à Bercy en 2 jours c'est plein mais à côté de ça, des groupes de qualité comme Freedom Call ou Blaze Bayley (ancien chanteur de Iron Maiden dans les années 90 ndr) font quelques dizaines de personnes et c'est tout. De toutes façons ça reste avant tout une question de passion. Quand tu sais que sur un album tu vas presque rien toucher entre la production, la promo et tout le reste. Au concert il y a pas non plus grand monde, donc si c'est pas parce que tu aimes jouer ça reste quand même limité.
J : On a déjà la chance de faire ce qu'on fait sans que ça nous coûte rien, alors qu'à côté, on sait que certains groupes s'endettent pour enregistrer, produire, sortir un album.
A : Quand tu sais que les 3/4 des groupes de première partie payent pour pouvoir jouer, tu te rends compte de la difficulté que ça peut représenter de faire ce style de musique.

Quel est leur sentiment par rapport à une certaine reconnaissance internationale et le peu de retour que le groupe peut avoir dans sa propre ville ?
Y : C'est surtout parce que on a pas joué depuis un certain temps ici? mais sinon on a quand même un bon suivi de la part du public. On va essayer de faire quelque chose d'ici à la fin de l'année à Grenoble, c'est en train de se monter...
J : Je pense aussi que l'on peut pas assurer sur tous les plans, à la fois sur des scènes internationales et sur la scène locale. A chaque sortie d'album on a fait un concert autour ou à Grenoble et cette fois ci on aimerait bien faire une plus grosse scène.

Et pour finir, la maintenant traditionnelle question sur la scène grenobloise. Est-ce qu'il y a des groupes que vous appréciez ou que vous écoutez ?
J : Il y a des groupes que l'on côtoie et que l'on apprécie comme Lonewolf ou Ellipsis.
A : Malmonde aussi qui est très bon. La scène grenobloise au niveau métal est quand même pas mal lotie avec un certain nombre de groupes qui tournent pas mal dans des styles variés.

Merci à tous les membres du groupe pour leur accueil et le petit concert privé en répète... Merci aussi à Jeep.

Liens
Site web de Nightmare
Nightmare sur myspace

Par willow, le 21/02/08 à 18:27

Commentaires (3)

  • Lordofthesky
  • Invité
  • Le 25/02/08 à 15:09

Voilà une bien belle interview

Pour une fois, on parle de metal, et du plus vieux groupe grenoblois tous styles musicals confondus

cool

  • Jean mimi
  • Invité
  • Le 29/02/08 à 10:29

Nightmare c'est un peu comme les lutins bleus ils font parti du patrimoine culturel Grenoblois ! Un  exemple de professionnalisme, d'humilité. Big up les gars ....

  • Willow
  • Invité
  • Le 29/02/08 à 14:15

Ca tombe bien la prochaine interview sera vraisemblablement celle des Lutins Bleus... Et je confirme concernant les Nightmare qui sont vraiment ultra cool et disponibles sans se prendre la tête. De biens bonnes rencontres!

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