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Schwere Artillerie - Juin 2007

Peu de temps après le Brutal Be Bop Tour de février, les Schwere Artillerie se produisaient le 17 mai à Eve. L'occasion pour Under-Gre de recueillir à chaud les impressions du groupe sur cette première tournée, et d'en savoir un peu plus sur ces 4 gringalets créateurs de musique emportée et éloquente. Les deux frères Greg (chant) et Yann (batterie) nous livrent leur ressenti sur ce phénomène dont ils sont à l'origine.

Présentez-nous Schwere Artillerie...
Greg : La formation a débuté en octobre 2003, on venait tous de groupes différents. Moi et mon frère Yann, on fait de la musique ensemble depuis 10 ans. On a décidé de monter un groupe avec nos potes, 5 mois après on faisait nos premiers concerts, la démo sort, on gagne un tremplin et on a commencé à enchaîner les concerts régulièrement. Suite à ces premières dates, on a vite été soutenus par des organismes locaux du genre le Petit Bulletin, ou même Europe 2... Et de là, tout s'est mis en place naturellement.

Pourquoi « Schwere Artillerie » ?
G : Alors tout d'abord la prononciation c'est « Schvéreu Artilleurie », qui signifie « artillerie lourde » en allemand. On ne voulait pas de nom en français ou anglais, et au début le batteur était allemand, c'est ce qui nous a décidé pour le nom ; puis il est parti, Yann s'est mis à la batterie suite à ça. C'est un nom qui colle bien à notre musique plutôt agressive. Y' a aussi un paradoxe marrant entre le nom plutôt bourrin derrière lequel on s'imagine plein de truc, et le fait de voir 4 mecs baraqués comme des crevettes débarquer sur scène !

Revenons à votre style « Brutal Be Bop » qui prête pas mal à confusion :
Yann : On ne voulait pas rentrer dans le bordel des « étiquettes », donc on a choisi « Brutal be bop » ; brutal c'est un peu vrai notamment sur Cd, Be Bop un peu moins mais c'est quand même une des composantes de notre musique, faire des parties dansantes qui se ressentent plus en live... On n'est pas Grindcore, ni Screamo, ce n'est pas du tout nos influences mais on essaie malgré tout de nous cataloguer ainsi...

Quelles sont alors vos influences ??
Y: Même si on nous qualifie souvent de Screamo, on en écoute très peu, voir pas du tout, même si y'a de très bonnes choses ! Dans le groupe, c'est plutôt classique, rock, hip-hop... Comme on dit, y'a du bon de partout.
G: D'ailleurs pour le prochain album, les influences seront carrément différentes, parce qu'on ne veut pas se limiter à ça.

Et votre premier album ? Comment ça c'est passé ?
G : Les conditions d'enregistrement étaient un peu à l'arrache : une table de mixage dans un chalet quoi, ce qui a donné ce son un peu crade qui nous plaît bien, ensuite il a fallu arroser les zines et webzines, histoire de se faire connaître nationalement et hors frontières.

Qu'en est-il de votre collaboration avec TearsFromSilence ?
Y : Ça c'est fait suite à un concert avec The Third Memory, puisqu'un des membres gère ce label. Notre démo lui a plu, donc il nous a aidé à produire l'album et s'occupe un peu de la distribution de celui-ci. Ca reste un petit label qui fait avec les moyens du bord.

Parlons un peu de votre tournée récente, comment est né ce projet et comment a-t-il mûri ?
G : Tout est parti d'une date pour laquelle on devait faire la première partie d'An Albatros au Luxembourg. On a décidé d'y greffer d'autres concerts à travers la France.
Y: Ca s'est fait trois au quatre mois en amont, grâce à plusieurs contacts sur Myspace entre autres, on a réussi à confirmer une dizaine de dates, sur dix jours, englobant celle avec An Albatros.
G : On en a bavé, mais ça valait le coup. C'était l'occasion de sortir de Grenoble où on a tous nos potes, et d'aller se confronter aux réactions d'un public qui ne nous connaît pas forcément.

Quels retours avez-vous eu du public ?
G: Dans l'ensemble c'était pas mal. On a eu souvent de bonnes surprises. Quand par exemple à cent kilomètres d'ici, on s'est rendu compte que certains avaient déjà entendu parler de nous et venaient pour nous voir nous. On a un peu profité du phénomène du « groupe qui vient de l'extérieur ».
Y: Sur plusieurs dates, on partageait la scène avec des groupes « Screamo », mais a priori notre côté Be-bop dansant retenait l'attention du public aussi parce qu'on présentait quelque chose de différent. Après les concerts, on a reçu pas mal de bons retours (CDs achetés, commentaires sur Internet ...).

Et pour ce qui est des salles, comment se sont passés les contacts ?
Y: On a joué dans plein d'endroits différents. Par exemple, à Strasbourg notre première date, on jouait pour l'anniversaire d'une fille qui fêtait ses 19 ans dans une salle polyvalente, avec le strict minimum de matériel mais une ambiance énorme. Et le lendemain, on était au KulturFabric au Luxembourg avec An Albatros et un très bon matériel sonore ! La date suivante on se retrouvait à Lille dans une cave qui pouvait contenir quarante personnes maximum. En huit dates, on a expérimenté tous les contextes imaginables en passant par la boîte ou le PMU du coin !

Un PMU ?
Y: Oui, à Amiens. Dans la salle du haut, c'était vraiment le bar typique des quartiers populaires avec trois ou quatre jeunes qui jouaient au baby-foot ; et en dessous une salle plutôt bien sonorisée, complètement punk, avec une caméra qui filmait notre concert. Vraiment top.

Comment avez-vous vécu cette première partie d'An Albatros ?
G : En terme de public ce n'est pas la plus grosse date qu'on ai eue. Mais An Albatros c'est LE groupe dont on est tous absolument fans, on était comme des dingues quand on nous a proposé de faire la première partie au Luxembourg. Et puis on flippait vraiment en arrivant sur place. Mais les conditions étaient excellentes : le KulturFabric, une capacité de 1000 personnes et du très bon matériel de sonorisation. Ca s'est super bien passé et on a bien sympathisé avec eux.

Quel est votre meilleur souvenir de cette tournée ?
Y : Je pense que c'est quand a éclaté le pneu du camion sur l'autoroute et qu'on a failli tous mourir sous la pluie, juste avant LE concert avec An Albatros. Quand on s'est rendu compte qu'on était toujours vivants, voilà le meilleur souvenir! (rires) Un moment en particulier c'est vraiment difficile à dire, c'était vraiment un tout : les moments dans le camion entre nous, les concerts, An Albatros, tout ça c'est de bons souvenirs.

Pourquoi avez-vous arrêté les déguisements sur scène ?
G : Aux débuts de Schwere, on commençait les concerts avec une vidéo où on nous voyait déguisés avec robes et casques de CRS. Donc on avait mis en place un concept où on débarquait habillés de la même façon sur scène histoire de provoquer un lien entre la vidéo et la réalité, mais c'était simplement un délire passager qu'on a pas gardé très longtemps...

Vos projets pour la suite ?
G: Pendant l'été on va enregistrer un 6 titres à Monaco, et puis réfléchir à comment sortir cette nouvelle galette (vinyle, maxi... on hésite encore). Le but, c'est d'avoir ces 6 titres en très bonne qualité, pour revenir en Septembre avec du neuf.... Et repartir éventuellement sur une autre tournée.
Y: On veut faire une petite pause entre deux, parce qu'on a tous des projets parallèles qu'on voudrait faire progresser cet été. Donc vous ne verrez plus Schwere sur scène avant Septembre prochain !

Pour finir, qu'est-ce que vous pensez de la scène grenobloise actuelle ?
Y: On s'est rendu compte, notamment en tournée, qu'il n'y avait pas tant de bons groupes que ça dans certaines villes. En comparaison, je pense qu'il y a un bon potentiel à Grenoble dans beaucoup de styles, et on n'est pas mécontents de faire de la musique ici. Par contre, il ne faut pas compter sur eux pour faire des concerts et s'épanouir sur Grenoble quand on débute. On fait une spéciale dédicace, à des groupes comme Varsovie, qui commencent à bien tourner dans d'autres villes en se débrouillant par eux-mêmes, sans compter sur la scène grenobloise.
G: Il y a un bon potentiel rock à Grenoble, mais faut aussi aller voir dans d'autres villes comment ça se passe et se confronter à d'autres scènes.
Y: Le problème c'est qu'il y a de bons groupes à Grenoble, mais le public grenoblois ne s'y intéresse pas spécialement. On ne critique pas notre public, au contraire on le remercie, parce qu'il nous est fidèle depuis le début, mais on se rend compte que c'est un public pas forcément facile à apprivoiser.

Le mot de la fin ?
G : Wir sind die Zukunft (nous sommes l'avenir en allemand) !!!

Liens
schwere.artillerie.free.fr
www.myspace.com/schwereartilleriemusic

Par Biflam, le 30/07/07 à 00:00

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Commentaires (1)

  • Pit et Geo
  • Invité
  • Le 28/08/07 à 12:41

On a eu la chance de voir les SCHWERE à Toulouse, peu de monde malheureusement ce soir là, mais ils ont joué comme s'il y avait 1000 personnes, plus l'occase de parler avant et après, c'est un super souvenir!
S'ils passent par chez vous, zéro hésitation, FONCEZ!!!

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